Difficile gestion des pesticides

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Pulvérisation contre une invasion de criquets pèlerins au Sénégal (septembre 2004) Photo Sylvie Rantrua

Paradoxe, l’Afrique ne représente que 4% du marché des produits phytosanitaires (engrais, pesticides, antifongiques…) et pourtant, elle doit faire face à des risques très élevés en terme de santé et d’environnement.

À l’écart de la ville, à quelques kilomètres de Chimoio dans la province de Manica dans le centre du Mozambique, s’élève un entrepôt abritant des produits hautement toxiques. Ce centre de collecte et de reconditionnement de pesticides obsolètes et extrêmement dangereux a été mis en place par la l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Depuis 2014, le pays a retiré 79 produits extrêmement dangereux de la liste des produits autorisés. « Nous avons d’abord entrepris un inventaire national des pesticides interdits, nous les avons ensuite collectés et reconditionnés. Cette deuxième étape est actuellement en cours dans nos entrepôts », explique Khalid Cassam, le spécialiste des pesticides de la FAO, responsable de ces installations. « La dernière étape consistera à transporter les pesticides en vue de les éliminer et de les incinérer de manière durable sur le plan environnemental. »

En 2015, 300 tonnes de pesticides périmés ou interdits ont été collectées au Mozambique. L’objectif de Khalid Cassam est de assainir trois régions du pays dont les sols sont très contaminés.

Substances dangereuses

Le Mozambique n’est pas une exception. Ces trente dernières années, l’utilisation d’agents chimiques sur toutes les cultures en Afrique subsaharienne a fortement augmenté. Une étude publiée en 2014 par la Royal Society présente tous les risques liés à l’utilisation des pesticides en Afrique de l’Ouest et pesant sur la santé de l’homme et sur l’environnement. La mauvaise gestion des pesticides entraîne le plus souvent une contamination de l’environnement et de graves problèmes de santé humaine comme la résistance des moustiques, qui eux supportent très bien les pesticides.

Du transport des substances dangereuses, au stockage en passant par l’utilisation de ces produits, aucune de ces étapes n’est totalement maîtrisée. Qui a déjà vu un agriculteur africain équipé de pied en cape lors de la pulvérisation de produits phytosanitaires ? Quelles connaissances ont-ils de la toxicité des produits ? Rares sont ceux qui sont capables de lire les instructions sur les étiquettes et peu sont formés à ces techniques agricoles intensives…

Une préoccupation mondiale

En France, l’émission de télévision Cash investigation diffusée en février a mis les produits phytosanitaires sur la sellette et l’Europe se penche sur l’interdiction du célèbre désherbant Round-up, produit par Monsanto. Pour la troisième année consécutive, l’Afrique participe à la semaine mondiale des alternatives aux pesticides, avec l’appui du Pesticide Action network Africa (PAN Africa) et du réseau associatif ASOL.

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