DNDI, un commun international

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Conférence « Accord de Paris : et si les communs étaient la solution ? » – Gaël Giraud, chef économiste de l’AFD (photo Sylvie Rantrua)

Le réseau Drugs for Neglected Disease Initiative (DNDI) est une belle histoire…. mais aussi, un exemple de gestion en commun, à l’échelle internationale, de la filière des médicaments bon marché en vue de lutter contre des maladies touchant les plus pauvres. En deux mots : un commun international.

DNDI existe maintenant depuis 15 ans. Basée à Genève, l’Initiative Médicaments contre les maladies négligées (Drugs for Negleted Diseases Initiative-DNDI en anglais) développe des traitements pour soigner les maladies négligées par les laboratoires pharmaceutiques, car elles touchent des populations non solvables dans les pays en développement.

Dans son cahier des charges : maladie du sommeil, leishmaniose, maladie de Chagas, VIH chez les jeunes de moins de 15 ans, infections au vers filaires, hépatite C… Avec son statut de fondation, DNDI, s’appuie sur un modèle à but non lucratif, centré sur les besoins des patients. Depuis sa création en 2003, l’organisation a développé et mis sur le marché sept traitements innovants pour lutter contre ces maladies négligées et son portefeuille de recherche compte 16 nouvelles entités chimiques qui seront des médicaments novateurs dans un futur proche.

Une alchimie inédite

Lors de son lancement, j’avais trouvé le processus original, innovant et surtout très utile. Un peu utopique? Peut-être. Mais c’est à l’occasion de la conférence « Accord de Paris : et si les communs étaient la solution ? » de Gaël Giraud, chef économiste de l’Agence française de développement (AFD) que je me suis replongée dans l’histoire de cette belle initiative. Il l’observe sous le prisme des “communs”. Ce concept développé par le prix Nobel de l’économie Elinor Ostrom, définit la gestion collective de certaines ressources naturelles ou culturelles par un groupe, une communauté, qui en fixe les règles de distribution, de préservation et de promotion.

Aux yeux de Gaël Giraud, l’initiative DNDI fonctionne exactement comme un commun au niveau international. Ce n’est ni une société privée, ni un État, ou une ONG, c’est autre chose … Une institution hybride qui fonctionne comme un commun, grâce à une alchimie inédite entre l’initiative privée, le cadre réglementaire public, le militantisme des ONG.

Prix de l’innovation

« Il faut être innovant lorsqu’on se fixe pour mission de développer de nouveaux médicaments pour des patients qui ne représentent pas un marché lucratif. Etre innovant pour réunir à travers notre modèle collaboratif des partenaires publics et privés. Etre innovant, enfin, pour arriver à l’objectif que l’on s’est fixé : développer des médicaments oraux, sûrs et efficaces, abordables et adaptés aux conditions du terrain, parfois difficiles, dans des pays où les systèmes de santé restent fragiles. Parce qu’on ne peut pas être innovant si on est seul, nous souhaitons partager ce prix avec tous nos partenaires, en Suisse et dans le monde, et l’ensemble de nos donateurs », expliquait le docteur Pécoul, fondateur et directeur de DNDI, en recevant le prix de l’innovation 2017 en novembre dernier à Genève.

Une belle histoire

La genèse de la création remonte au jour ou MSF a reçu le prix Nobel de la paix, en 1999. L’association décide alors de consacrer le million de dollars qui accompagne la distinction à une campagne d’accès aux médicaments. Le docteur Bernard Pécoul prend les commandes de la campagne. Rapidement, l’OMS, l’Institut Pasteur et les instituts de recherche indien, kényan, brésilien et malaisien s’associent à MSF, donnant naissance en 2003 à DNDI

« Le réseau Drugs for Neglected Disease Initiative est un magnifique exemple de gestion en commun, à l’échelle internationale, de la filière des médicaments bon marché en vue de lutter contre des maladies pour lesquelles il n’existe pas de clientèle solvable au regard des critères standards du secteur privé traditionnel”, détaille Gaël Giraud dans une interview sur le site iD4D.

Les maladies, les virus, les moustiques transmetteurs de parasites, ne connaissent pas les frontières. Après les épidémies de H1N1, Ebola, ou Zika, nous sommes tous conscients des menaces qui pèsent sur la santé mondiale. Qui peut douter que la santé de tous est un commun mondial ?, lance Gaël Giraud.

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