Eau : le jour zéro planait sur la ville du Cap

Afrique du Sud,  Le Cap,
Afrique du Sud, Le Cap, vue de Mountain Table – Photo: Sylvie Rantrua, 2009

23 mars : Journée mondiale de l’eau… Une occasion d’allumer le projecteur sur un énorme défi à relever dans un proche avenir. A l’image du Cap, la pénurie d’eau menace de grandes villes dans le monde. 

Depuis janvier, la municipalité du Cap, en Afrique du Sud a tiré le signal d’alarme. La ville doit faire face à une sévère pénurie d’eau, au point, où la municipalité envisage la coupure du système de distribution d’eau. Ce jour zéro, ou “zero day” était alors estimé au 16 avril. Plus la peine d’ouvrir le robinet!

Depuis trois ans, l’Afrique australe fait face à une période de sécheresse, aggravée par le phénomène climatique El Niño. Les nappes phréatiques et les barrages qui approvisionnent la métropole sud-africaine se vident sous la pression exercée par la consommation des 4,5 millions d’habitants et des 1,5 million de touristes qui séjournent dans la ville.

Mesures drastiques

Heureusement, la date du Jour zéro n’a cessé de reculer. Finalement, les autorités sud-africaines ont annoncé le 7 mars que ce jour redouté de la coupure totale n’aurait pas lieu cette année. Le site qui donnait en temps réel la date estimée où les robinets seraient coupés, (une date qui a oscillé entre le 12 avril et le 15 juillet) affiche désormais un report, pour 2019.

Les pluies devraient bientôt tomber, en mai-juin.  Il faut dire que des mesures drastiques ont été prises. La municipalité a ordonné une limitation de la consommation à 50 litres par personne et par jour. C’est peu. Une douche de 4 à 5 minutes, c’est déjà entre 50 et 80 litres!

Des exceptions sont octroyées pour les gérants de chambres d’hôtes. Les entreprises sont aussi sous surveillance. Elles doivent réduire leur consommation de 45% et pour les agriculteurs, gros consommateurs d’eau, la réduction est encore plus drastique : 60%. S’approvisionner en eau est devenu une préoccupation quotidienne, avec des files d’attente devant les fontaines publiques.

Début février, les tarifs ont aussi flambé, passant de 4,56 à 29,93 rands (0,30 à 2,02 euros) jusqu’à 6 000 litres. Mais surtout, les amendes sont lourdes pour ceux pris en flagrant délit d’arrosage de pelouse par exemple. Pour autant, les très riches, arrivent toujours à contourner le dispositif, quitte à forer dans la nappe pour remplir sans sourciller leur piscine.

La municipalité a également distribué des guides de bonnes pratiques incitant les habitants à tirer leur chasse d’eau à l’aide d’un seau contenant des eaux usées ou de l’eau de pluie, plutôt que de l’eau du robinet…

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D’autres villes menacées

Le Cap n’est pas une exception. D’autres villes sont menacées de pénurie d’eau. Selon une étude scientifique publiée dans Nature Sustainability Journal, plus d’une centaine de grandes villes seraient menacées par le manque d’eau d’ici à 2050. Déjà 10 métropoles sont particulièrement exposées à ce risque : Los Angeles (États-Unis), Jaipur (Inde), Dar es Salaam (Tanzanie), Dalian (Chine), San Diego (États-Unis), Karachi (Pakistan), Harbin (Chine), Phoenix (États-Unis), Porto Alegre (Brésil) et Monterrey (Mexique).

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Source:  Nature Sustainability Journal

 

 

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 2 milliards de personnes n’ont pas accès à l’eau potable à leur domicile. Urbanisation, pression démographique et changement climatique ne vont pas arranger les choses. Le changement climatique, la pénurie croissante de l’eau, la croissance et l’évolution démographiques ainsi que l’urbanisation posent déjà des problèmes pour les systèmes d’alimentation en eau.

“D’ici 2025, la moitié de la population mondiale vivra dans des régions soumises au stress hydrique. Le recyclage des eaux usées, pour récupérer des nutriments ou de l’énergie, devient une stratégie importante”, insiste l’OMS.

Au 8e Forum mondial de l’eau qui s’achève à Brasilia le 23 mars, des pistes sont esquissées : contrôle de la consommation d’eau, infrastructures et gestion efficace…

«L’épuration des eaux usées générées par ces villes en croissance et leur réutilisation pour l’irrigation est également une solution à privilégier », explique à La Croix, Céline Gilquin Responsable de la division eau et assainissement à l’Agence française de développement (AFD).

 

Au sujet de l’eau  :

Eau potable les pistes à suivre

Une pompe à eau solaire DIY

La crise de l’eau sous formes de graphiques par RFI 

 

 

 

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